Quel secteur manque de main-d’œuvre en France en 2026 ?
Sommaire
- Les secteurs en tension en France
- Les métiers qui recrutent le plus
- Comprendre les besoins de recrutement
- Foire aux questions
Identifier le secteur qui manque de main-d’œuvre est devenu une priorité pour de nombreux dirigeants et responsables RH. Les offres d’emploi non pourvues se multiplient, tandis que les recrutements s’allongent. Nous vous proposons une cartographie des secteurs en tension en France, des professions les plus recherchées et des causes de ces déséquilibres, pour vous aider à anticiper et à agir.
Les secteurs en tension en France
Le marché de l’emploi français connaît des tensions structurelles qui s’intensifient d’année en année. Cinq secteurs concentrent l’essentiel des difficultés : la construction, l’hôtellerie-restauration, l’agriculture, le transport-logistique et les soins à la personne.

La construction et l’hôtellerie-restauration
Le secteur du bâtiment et de la construction souffre d’un manque de main-d’œuvre profond et durable. Cette pénurie ralentit directement les chantiers et fragilise la compétitivité des entreprises. Les besoins portent sur des profils variés : maçons, couvreurs, charpentiers, électriciens du bâtiment et conducteurs d’engins. Sans candidat qualifié en nombre suffisant, les délais s’allongent et les projets prennent du retard.
- Maçons et couvreurs : ces profils figurent parmi les plus recherchés dans la construction, avec des difficultés de recrutement qui s’aggravent chaque année.
- Charpentiers et électriciens : ces métiers manuels sont essentiels aux chantiers, mais le vivier de candidats qualifiés reste insuffisant face aux besoins.
- Conducteurs d’engins : la pénurie de ces spécialistes ralentit l’avancement des grands projets d’infrastructure et de logement.
L’hôtellerie-restauration compte, quant à elle, plus de 336 000 postes vacants. Les cuisiniers, aides de cuisine et personnels de service figurent parmi les emplois vacants les plus difficiles à pourvoir. En 2025, les métiers de la restauration et de l’hôtellerie apparaissent dans la liste des métiers en tension dans toutes les régions de France.
| Secteur | Principaux métiers recherchés | Volume estimé de postes vacants |
| Construction | Maçons, couvreurs, charpentiers, électriciens, conducteurs d’engins | Très élevé |
| Hôtellerie-restauration | Cuisiniers, aides de cuisine, personnel de service | Plus de 336 000 |
| Agriculture | Ouvriers polyvalents, éleveurs, maraîchers, viticulteurs | Élevé |
| Transport-logistique | Conducteurs longue distance, livreurs, agents de manutention | Élevé |
| Soins à la personne | Aides à domicile, auxiliaires de vie, aides-soignants | Très élevé |
L’agriculture, le transport et la logistique
Si l’on cherche les 3 premiers secteurs qui ont besoin d’embaucher en dehors du BTP, l’agriculture, le transport-logistique et les soins à la personne s’imposent. L’agriculture manque notamment d’ouvriers salariés polyvalents, d’éleveurs, de maraîchers, de viticulteurs, de pêcheurs, d’aquaculteurs et de sylviculteurs. La rareté de ces profils menace la capacité productive de nombreuses exploitations françaises.
- Conducteurs routiers longue distance : le transport connaît une pénurie critique, particulièrement marquée dans certaines régions enclavées.
- Livreurs courte distance : portés par la croissance du e-commerce, ils sont de plus en plus recherchés, mais restent difficiles à fidéliser durablement.
- Agents de manutention non qualifiés : la logistique présente un besoin constant, souvent sous-estimé, qui génère pourtant un volume important d’offres d’emploi non pourvues.
Ces secteurs partagent les mêmes obstacles : des conditions de travail exigeantes, des horaires atypiques et une image parfois difficile. Les entreprises doivent donc revoir leur stratégie de recrutement. Elles doivent également parvenir à attirer des candidats sollicités simultanément par plusieurs employeurs.
Pourquoi la main-d’œuvre manque
Les difficultés de recrutement résultent de plusieurs facteurs. Selon les employeurs interrogés, 85 % signalent un nombre insuffisant de candidats et 76 % mentionnent des profils inadéquats. Les conditions de travail, le déficit d’image de certaines professions, les contraintes financières et l’éloignement géographique des lieux de travail aggravent encore la situation.
La reprise économique post-Covid a amplifié un déséquilibre déjà latent. La demande de services et de produits est repartie fortement, sans que l’offre de main-d’œuvre puisse suivre. Les entreprises évoluent ainsi sur un marché du travail tendu, où chaque candidat qualifié est courtisé par plusieurs employeurs. Cette tension allonge les délais de recrutement et fragilise les plannings de production et de livraison. Sur le marché de l’emploi, les postes restent vacants plus longtemps : une réalité à intégrer dans toute politique de recrutement.
Les métiers qui recrutent le plus
Connaître les métiers qui recrutent le plus en France constitue une information stratégique, que vous soyez employeur confronté à un besoin de recrutement ou décideur chargé d’anticiper vos besoins RH. Tous ne sont pas classés en tension, mais ils représentent des volumes importants de projets de recrutement et indiquent où se trouvent les opportunités pour trouver un emploi comme pour mobiliser des compétences.

Les emplois de services les plus recherchés
France Travail identifie précisément les métiers qui recrutent actuellement en France grâce à son baromètre annuel des projets de recrutement. Le secteur des services domine largement : aides de cuisine, employés polyvalents de restauration, agents d’entretien de locaux, aides à domicile et auxiliaires de vie figurent régulièrement en tête des classements. Ces professions associent un grand nombre de postes à pourvoir à une difficulté croissante pour attirer et fidéliser des candidats engagés.
- Aide de cuisine et employé polyvalent de restauration : premier métier recruteur selon France Travail en 2024, il reflète les besoins massifs de l’industrie hôtelière et de la restauration.
- Agent d’entretien de locaux : un besoin de recrutement constant dans tous les secteurs d’activité, des entreprises aux collectivités territoriales.
- Serveur de café-restaurant : en tension dans la majorité des régions françaises, ce métier cumule un volume élevé de postes et une réelle difficulté à stabiliser les équipes.
- Secrétaire et assistant bureautique : des profils administratifs très recherchés, notamment dans les PME, alors que les candidats maîtrisant les outils numériques courants restent difficiles à trouver.
Les métiers de services concentrent 63 % des projets de recrutement. Cette concentration ne signifie pas que les postes sont faciles à pourvoir. Au contraire, l’écart entre le volume des offres et la disponibilité de profils adaptés alimente directement le manque de personnel constaté par les employeurs.
La pénurie dans le secteur de la santé
La pénurie de main-d’œuvre dans le secteur de la santé atteint aujourd’hui une ampleur comparable à celle de l’aide à domicile. Infirmiers, aides-soignants et sages-femmes figurent parmi les 10 professions qui recrutent le plus en 2024 selon France Travail, mais les postes restent difficiles à pourvoir durablement, surtout en dehors des grandes agglomérations.
Le secteur de la santé cumule plusieurs difficultés structurelles : formations longues et exigeantes, conditions de travail éprouvantes et rémunérations jugées insuffisantes au regard des responsabilités. Certains métiers en pénurie, pharmaciens, kinésithérapeutes, vétérinaires, prothésistes dentaires et ingénieurs informatiques de santé, offrent toutefois des perspectives de rémunération attractives, qui contrastent avec la réalité quotidienne des métiers du soin.
Un métier difficile à pourvoir
Certains métiers cumulent les obstacles : manque de personnel, image dégradée, conditions de travail pénibles et rémunération insuffisante. Depuis 2023, la tension s’est encore accentuée dans plusieurs professions, sans que les pouvoirs publics ni les branches professionnelles n’aient enrayé le phénomène.
- Ouvriers en travaux de façade et d’isolation : taux de difficulté de recrutement en hausse de 7 % depuis 2023, l’une des plus fortes progressions mesurées.
- Carrossiers automobiles : +6,8 % de difficulté depuis 2023, dans une industrie automobile sous forte tension faute de candidats formés en nombre suffisant.
- Soudeurs : +6,6 % de difficulté depuis 2023, pour un profil essentiel à l’industrie et à la métallurgie, qui peinent à renouveler leurs effectifs vieillissants.
Ces évolutions illustrent un phénomène plus large : les métiers manuels et techniques souffrent d’un déficit d’attractivité chronique, renforcé par des décennies de dévalorisation dans les orientations scolaires et professionnelles. Il faut structurer une stratégie de sourcing proactive, avec des partenaires spécialisés capables d’identifier et de mobiliser les profils disponibles, y compris à l’échelle européenne.
Comprendre les besoins de recrutement
Derrière les chiffres bruts, la réalité du marché du travail en France est plus complexe qu’il n’y paraît. Distinguer un secteur en tension d’un secteur saturé, comprendre les causes de la pénurie et anticiper les départs à la retraite d’ici 2030 sont trois conditions essentielles pour bâtir une stratégie RH efficace.

Tension ou secteur bouché
Une confusion fréquente fausse l’analyse : un métier en tension n’est pas un métier saturé. Les secteurs bouchés en France, c’est-à-dire ceux qui attirent de nombreux candidats pour un nombre limité de postes à pourvoir, illustrent bien ce déséquilibre. À l’inverse, un secteur en tension propose beaucoup d’offres, mais dispose de trop peu de profils disponibles.
L’Insee l’a mesuré : la proportion d’entreprises confrontées à des difficultés de recrutement est passée de 10 % en 2016 à 20 % à la fin de 2019. À la fin du premier semestre 2019, 21 % des entreprises déclaraient une pénurie de main-d’œuvre. Le marché du travail s’installait donc dans une tension structurelle : chaque baisse d’un point du chômage entraînait une hausse de cinq points de la part des entreprises signalant des pénuries.
- Secteur en tension : les offres d’emploi sont nombreuses, mais les candidats disponibles sont rares. Le BTP et la restauration en sont des exemples ; ils exigent une stratégie de sourcing active et élargie.
- Secteur bouché : les candidats sont nombreux pour peu de postes, ce qui renforce la concurrence entre eux. Il faut en tenir compte pour ne pas mobiliser vos ressources à contresens.
- Aucun secteur d’activité épargné : selon l’Insee, les tensions de recrutement concernent désormais l’ensemble des filières économiques, sans exception sectorielle notable.
- Un marché dégradé structurellement : en 2019, le marché du travail français fonctionnait moins bien qu’en 2007, avec un chômage et des pénuries simultanément plus élevés qu’au précédent haut de cycle.
Pour les décideurs, cette réalité impose une double lecture : le volume des emplois vacants et la disponibilité réelle des profils. C’est pourquoi les secteurs qui recrutent doivent être étudiés avec une connaissance précise du terrain, région par région. Vous pouvez ainsi cibler les bons canaux et accélérer vos recrutements.
Les causes de la pénurie
- Reprise post-Covid déséquilibrée : la demande de produits et de services a redémarré rapidement, sans que l’offre de main-d’œuvre puisse suivre au même rythme. Le décalage entre besoins et ressources humaines s’est donc prolongé.
- Évolution des priorités des actifs : une enquête Ifop-Fondation Jean Jaurès de novembre 2022 met en évidence une place croissante accordée au temps personnel et familial, avec davantage de choix de temps partiel ou de réorientation professionnelle.
- Mobilité professionnelle accrue : face aux tensions du marché du travail, les salariés en poste démissionnent plus facilement pour rechercher de meilleures conditions de travail, ce qui accroît le manque de personnel dans les secteurs les plus exposés.
- Désaffection pour les métiers pénibles : selon une enquête BVA, 66 % des salariés de terrain ont déjà envisagé de quitter leur emploi et 64 % ont réfléchi à une reconversion. Le signal est particulièrement fort dans les métiers soumis à d’importantes contraintes physiques.
Les départs à la retraite d’ici 2030
La Dares l’anticipe clairement : d’ici 2030, 89 % des postes à pourvoir correspondront à des départs en fin de carrière, et non à des créations nettes d’emplois. Cette évolution amplifiera les besoins dans des métiers déjà en tension, tandis que les compétences expérimentées quitteront progressivement le marché.
- Agents d’entretien : 462 000 départs en fin de carrière sont attendus d’ici 2030. Il s’agit du volume le plus élevé parmi tous les métiers, ce qui impose d’organiser le renouvellement des effectifs dès maintenant.
- Employés administratifs de catégorie C : 233 000 départs sont attendus, notamment dans la fonction publique, avec des difficultés particulières pour attirer des profils jeunes.
- Aides à domicile et aides ménagères : 207 000 départs sont anticipés dans un secteur déjà fortement sous tension. Le manque de personnel risque de s’aggraver avec le vieillissement de la population.
- Agriculteurs, éleveurs, sylviculteurs et bûcherons : 182 000 départs sont prévus. La transmission des savoir-faire et le renouvellement générationnel représentent des enjeux stratégiques pour la souveraineté alimentaire française.
Ces projections montrent que les tensions actuelles ne sont pas seulement conjoncturelles. Elles s’inscrivent dans une évolution démographique appelée à se poursuivre jusqu’en 2030 et au-delà. Anticiper les départs vous permet de former, d’intégrer et de fidéliser les futurs collaborateurs avant que les postes à pourvoir ne se transforment en urgences successives.
Foire aux questions
Quels sont les métiers en manque de main-d’œuvre en France en 2026 ?
En 2026, les métiers les plus touchés par le manque de main-d’œuvre sont les maçons, couvreurs, charpentiers et électriciens dans la construction, ainsi que les cuisiniers et serveurs dans la restauration. Le transport, avec les conducteurs routiers, les soins à la personne, avec les aides à domicile et auxiliaires de vie, et l’agriculture, avec les ouvriers agricoles polyvalents, sont également concernés. Ces professions figurent dans la liste officielle des métiers en tension, établie aux niveaux national et régional. Les besoins progressent d’année en année, tandis que le vivier de candidats disponibles reste insuffisant.
Quels sont les secteurs qui recrutent le plus en France ?
Les secteurs qui recrutent le plus en France sont les services à la personne, la restauration, la construction, le transport-logistique et l’agriculture. Selon France Travail, les métiers de services représentent à eux seuls 63 % des projets de recrutement. La santé, notamment les infirmiers, aides-soignants et sages-femmes, figure également parmi les secteurs les plus actifs.
Ces volumes élevés s’accompagnent toutefois de difficultés de recrutement persistantes.
Pourquoi certains secteurs peinent-ils autant à recruter ?
Les difficultés de recrutement résultent de plusieurs facteurs cumulés. Les employeurs citent d’abord un nombre insuffisant de candidats (85 %), puis des profils inadéquats (76 %). S’y ajoutent des conditions de travail difficiles, une image dégradée de certaines professions et des contraintes d’accès géographique.
Depuis la période Covid, les actifs accordent aussi davantage d’importance au temps personnel et familial. Le marché du travail reste structurellement en tension, malgré les fluctuations conjoncturelles de l’économie française.
Quels sont les métiers en pénurie les mieux rémunérés ?
Certains métiers en pénurie offrent des rémunérations attractives, en raison de la rareté des profils disponibles. C’est notamment le cas des pharmaciens, kinésithérapeutes, vétérinaires, prothésistes dentaires et ingénieurs informatiques. La demande est forte, alors que l’offre de formation ne suffit pas toujours à couvrir les besoins.
Elle touche aussi des fonctions hautement spécialisées, ce qui peut faire progresser les rémunérations proposées.
Comment anticiper les besoins de recrutement liés aux départs à la retraite ?
Selon la Dares, 89 % des postes à pourvoir d’ici 2030 correspondront à des départs en fin de carrière. Pour les anticiper, vous devez identifier dès maintenant les métiers les plus exposés dans votre organisation : agents d’entretien, aides à domicile, employés administratifs et ouvriers qualifiés.
Prévoyez ensuite des plans de recrutement et de formation adaptés. Faire appel à des partenaires spécialisés dans le recrutement de profils qualifiés à l’échelle européenne constitue une réponse concrète pour sécuriser votre continuité opérationnelle face à ces départs massifs et prévisibles.
