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Détachement intérimaire à l’étranger : règles et démarches

Sommaire

Détacher un intérimaire à l’étranger depuis la France obéit à des règles précises. Quel contrat faut-il rédiger, quelle durée respecter, que vérifier selon la nationalité du salarié et le pays de destination ? Contrat de mission, démarches avant le départ, sécurité sociale, soins, rémunération et fiscalité : chacun de ces points conditionne la sécurité de la mission.

Contrat de mission et durée du détachement

Le détachement temporaire d’un intérimaire ne rompt pas le lien qui l’unit à son employeur d’origine. Pour les salariés intérimaires, cet employeur est l’entreprise de travail temporaire (ETT) établie en France. Le Code du travail encadre donc la mission de bout en bout, même quand elle se déroule hors des frontières.

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Les deux contrats qui organisent la mission

Le travail temporaire repose sur une relation à trois. L’ETT reste l’employeur, tandis que l’entreprise d’accueil étrangère dirige normalement le travail au quotidien. Deux contrats distincts lient ces acteurs, conformément à l’article L.1251-1 du Code du travail. Selon l’article L.1251-43, le contrat de mise à disposition doit préciser :

  • Le motif du recours : la raison qui justifie l’appel à un intérimaire.
  • Le terme et le lieu : la date de fin prévue et l’endroit où la mission s’exécute.
  • Le poste : ses caractéristiques et les équipements de protection individuelle requis.
  • La rémunération : celle qui correspond au poste occupé.

Le second contrat, dit contrat de mission, joue le rôle de contrat de travail entre l’ETT et le salarié. C’est lui qui fixe les engagements pris envers l’intérimaire pendant son séjour.

Les mentions écrites et la clause de rapatriement

Le contrat de mission est obligatoirement écrit. Il indique notamment la qualification et la rémunération de l’intérimaire, selon l’article L.1251-16. L’ETT le transmet au salarié au plus tard dans les deux jours ouvrables suivant sa mise à disposition (article L.1251-17). L’accord étendu du 2 décembre 1986 exige en outre de l’établir avant le départ et d’y préciser le lieu de travail, les garanties sociales, le transport, l’hébergement et les éventuels congés de détente.

Que se passe-t-il si la mission se déroule hors du territoire métropolitain ? La clause de rapatriement à la charge de l’ETT devient alors obligatoire. Elle tombe si le salarié rompt lui-même le contrat. Pour un détachement à l’étranger de plus de quatre semaines consécutives, l’article R.1221-36, en vigueur depuis le 1er novembre 2023, impose aussi des informations écrites : pays, durée prévue, monnaie de paiement, avantages et rapatriement.

La durée maximale et les renouvellements

Une mission exécutée à l’étranger peut durer 24 mois au maximum, contre 18 mois dans le cas général. C’est la règle de l’article L.1251-12-1, sauf si une convention ou un accord de branche fixe une autre durée dans les limites légales.

Sauf règle conventionnelle différente, la mission peut être renouvelée deux fois, sans jamais dépasser la durée maximale. Le renouvellement est prévu dans le contrat ou fait l’objet d’un avenant présenté avant le terme initial.

Nationalité et démarches avant le départ

Faut-il être Français pour partir en mission à l’étranger ? Non. Le vrai sujet est ailleurs : le droit de travailler dans le pays d’arrivée et les formalités locales. Ces points se vérifient avant le départ, au cas par cas.

Passeport, visa et documents de voyage posés sur une table aux côtés d’un stylo.

Le droit de travailler selon la nationalité

Une ETT française peut employer un salarié qui n’a pas la nationalité française. Si ce salarié est ressortissant d’un pays hors Union européenne et travaille en France, l’ETT vérifie d’abord qu’il a le droit d’y travailler.

Un citoyen français ou d’un autre pays de l’Union européenne peut en général travailler dans un autre État membre sans permis de travail. Des formalités locales peuvent toutefois s’appliquer. Cette liberté de circulation explique aussi les missions réalisées en sens inverse, comme celles que propose notre recrutement d’ouvriers du BTP en Roumanie.

Pour un intérimaire originaire d’un pays tiers, tout dépend de sa nationalité, de son statut et du pays de destination. Un titre de séjour français ne vaut pas, à lui seul, permis de travail dans le pays d’accueil.

Les autorisations et déclarations locales

L’accord du 2 décembre 1986 confie à l’ETT le suivi des formalités exigées à destination : passeport, visa, titre de séjour ou de travail. Toute autorisation nécessaire doit être obtenue avant le début de la mission. Le détachement d’un salarié français à l’étranger peut aussi exiger, selon le pays, une déclaration préalable, un représentant local ou des obligations propres aux ETT.

La déclaration française SIPSI ne s’applique pas à ce cas. Elle vise les salariés envoyés vers la France par un employeur étranger, c’est-à-dire le travailleur détaché qui arrive sur un chantier français. Nos missions de recrutement logistique en Roumanie relèvent de ce schéma.

Les vérifications pratiques avant la mission

Un départ réussi se prépare sur dossier. Plusieurs pièces se contrôlent avant le départ, et une visite médicale est prévue lorsque la mission ne permet pas de la passer plus tard (accord du 2 décembre 1986).

Nous vous conseillons de valider ces points avec l’intérimaire avant de réserver son voyage :

  • Identité et visa : un document d’identité valide et le visa exigé.
  • Santé : les vaccinations imposées par la destination.
  • Information et contrat : les renseignements sur le pays et le contrat de mission signé.

Les missions d’intérim de Roumanie vers la France suivent le trajet inverse, et leurs démarches sont différentes. C’est le cas pour le recrutement de chauffeurs roumains pour le transport comme pour le recrutement d’employés d’hôtellerie en Roumanie.

Sécurité sociale et soins pendant le détachement

La protection sociale du salarié détaché dépend de la destination et de la durée du détachement. Peut-il rester rattaché au régime de sécurité sociale français ? Souvent oui, mais sous conditions. Ces conditions déterminent les droits du salarié et les cotisations de l’employeur.

Exemple de documents d’attestation de droits sur une table avec stylos et plante en arrière-plan.

Les conditions du maintien au régime français

En Europe, le statut du salarié détaché suppose plusieurs conditions cumulées :

  • Le lien avec l’ETT : il est maintenu pendant toute la mission.
  • Une activité substantielle en France : selon l’arrêt C-784/19 de la Cour de justice de l’Union européenne du 3 juin 2021, l’ETT doit réaliser une part significative de ses mises à disposition auprès d’entreprises établies et actives en France. Recruter et sélectionner des intérimaires en France ne suffit pas.
  • Aucun remplacement : le salarié ne remplace pas une personne arrivée au terme de son détachement.

Un salarié recruté spécialement pour partir peut aussi relever du régime français, à condition d’y avoir été soumis depuis au moins un mois juste avant son embauche.

Les durées selon le pays de destination

Dans l’Union européenne, l’Espace économique européen et en Suisse, le maintien ordinaire dure jusqu’à 24 mois. Une prolongation exceptionnelle exige l’accord des autorités compétentes. Au-delà, le régime du pays d’accueil peut s’appliquer, sans que le salarié devienne pour autant un salarié expatrié. Le Royaume-Uni relève d’un cadre distinct, avec 24 mois dans le cas général.

Ailleurs, tout dépend de l’existence d’une convention de sécurité sociale avec la France. Sans règlement ni convention, l’article R.761-1 du Code de la sécurité sociale autorise un maintien de 3 ans au maximum, renouvelable une fois. L’employeur paie alors toutes les cotisations françaises, et le pays d’accueil peut exiger les siennes.

Destination Durée initiale de maintien Prolongation
UE, EEE, Suisse 24 mois Exceptionnelle, avec accord des autorités
Royaume-Uni 24 mois (cas général) Selon le cadre spécifique
Algérie (convention) 3 ans Selon la convention
Andorre (convention) 1 an Selon la convention
Argentine (convention) 2 ans Selon la convention
Pays sans convention 3 ans Renouvelable une fois, soit 6 ans

Ces durées ne se confondent pas avec celle du contrat de mission. Vérifiez donc les deux calendriers avant de fixer la date de retour.

Le certificat et la prise en charge des soins

L’employeur demande à l’Urssaf, via l’outil ILASS, le document attestant de la législation applicable. Pour un salarié agricole, il s’adresse à la MSA. En Europe, il remet le certificat A1 au salarié. Ce document prouve le maintien à la sécurité sociale française, mais il ne donne pas le droit de travailler dans le pays d’accueil.

Les cotisations sociales françaises continuent d’être versées, retraite de base et Agirc-Arrco comprises, et la couverture maladie est maintenue. Le salarié qui réside dans son pays de mission (UE, EEE ou Suisse) demande le formulaire S1 à sa caisse pour se faire soigner auprès de l’organisme local. S’il reste domicilié en France, il utilise la carte européenne d’assurance maladie, qui ne remplace pas le certificat A1.

Conditions de travail, rémunération et fiscalité

Garder le contrat français ne dispense pas de respecter les règles du pays de mission. Le salaire, les frais et l’impôt obéissent aussi à leurs propres logiques. Ce sont trois points à cadrer avant le départ pour éviter tout litige.

Fiche de paie, note de frais de mission et documents de voyage alignés sur un fond bleu avec pièces d’or et globe, évoquant

Les règles de travail dans le pays d’accueil

Dans l’Union européenne, le travailleur détaché reste soumis aux règles impératives du pays d’accueil. En principe, l’intérimaire a droit à des conditions essentielles au moins égales à celles d’un salarié recruté directement au même poste, sauf dérogations nationales. Ces règles portent notamment sur :

  • La rémunération : les minimums applicables sur place.
  • Le temps de travail et le repos : durées maximales, pauses et congés payés minimaux.
  • La santé et la sécurité : les normes de protection en vigueur localement.

Après 12 mois de détachement, ou 18 mois en cas de notification motivée, d’autres règles du droit du travail du pays d’accueil s’appliquent, sous réserve des exceptions prévues.

Le salaire, les indemnités et les frais

L’ETT reste en principe responsable de la rémunération de l’intérimaire. Aucune prime de détachement à l’étranger n’est imposée par la loi française avec un pourcentage unique : elle peut seulement être prévue au contrat. Pour un contrat de mission classique, l’indemnité de fin de mission vaut en principe 10 % de la rémunération totale brute. L’indemnité compensatrice de congés payés ne peut être inférieure à 10 % de la rémunération brute perçue, indemnité de fin de mission comprise.

Les frais professionnels sont remboursés sur justificatifs ou au forfait. Selon les règles publiées par l’Urssaf pour 2026, le forfait de mission à l’étranger baisse de 65 % si l’employeur fournit ou paie directement le logement. Il baisse de 17,5 % pour un repas fourni et de 35 % pour deux repas.

La résidence fiscale et les exonérations possibles

La situation d’un salarié détaché à l’étranger au regard des impôts se vérifie à part : un départ peut changer sa résidence fiscale et rendre son salaire imposable sur place. Depuis le 1er janvier 2026, l’article 81 A du Code général des impôts prévoit une exonération totale si l’impôt payé à l’étranger atteint au moins les deux tiers de l’impôt français. Pour certaines activités, il faut plus de 183 jours sur 12 mois consécutifs. Pour la prospection commerciale, le seuil est de plus de 120 jours sur la même période. À défaut, certains suppléments de salaire peuvent être exonérés, avec un séjour d’au moins 24 heures. Le plafond est de 40 % de la rémunération de référence.

Foire aux questions

Quelle est la différence entre un détachement et une expatriation ?

Le détachement est temporaire et maintient le lien avec l’employeur d’origine. L’expatriation peut correspondre à une absence de rattachement au régime français de sécurité sociale ou à un emploi sous contrat local.

La durée maximale du contrat de mission et celle du maintien à la sécurité sociale française sont-elles identiques ?

Non. Ce sont deux limites distinctes, même lorsque les deux sont de 24 mois. Les seuils de 12 mois, ou de 18 mois en cas de notification motivée, relèvent quant à eux du droit du travail du pays d’accueil.

Quelle démarche remplace l’ancien service DAE pour obtenir le certificat de législation applicable ?

Le service DAE a fermé le 1er janvier 2022. Depuis le 5 janvier 2022, vous faites vos demandes de certificat de législation applicable via l’outil ILASS.

Un intérimaire ressortissant d’un État tiers peut-il bénéficier des règles européennes de sécurité sociale lors d’un détachement ?

Oui, sous conditions, depuis le 1er janvier 2011, s’il travaille habituellement en France et part vers un autre État membre, sauf le Danemark. Cela ne lui donne pas automatiquement le droit d’y travailler.

Les arrêts de travail et les accidents du travail survenus pendant la mission sont-ils pris en charge par l’organisme du pays d’accueil ?

Non. L’organisme de santé local ne prend en charge ni les arrêts de travail ni les accidents du travail ou de trajet. La caisse française reste l’interlocuteur du salarié, dans les conditions prévues pour son détachement.

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