Contrat de travail en Roumanie : démarches et conditions
Sommaire
Signer un contrat de travail en Roumanie suppose de répondre à trois questions : avez-vous le droit d’y travailler, quelle autorisation vous faut-il, et que doit contenir votre contrat ? Les réponses dépendent de votre nationalité, du poste et de l’employeur. Européen ou non, vous devez connaître les règles d’accès à l’emploi, les mentions obligatoires du contrat, le salaire minimum, les horaires et les congés.
Qui peut travailler en Roumanie sans permis ?
Votre nationalité détermine votre parcours. Un Européen accède directement à l’emploi. Un ressortissant non européen passe par une procédure encadrée, qui dépend du poste, de l’employeur et de son statut de séjour. Dans les deux cas, les formalités d’embauche restent obligatoires.

Citoyens européens et professions réglementées
La libre circulation des travailleurs vous permet, en tant que citoyen français, de travailler en Roumanie sans visa ni permis de travail. Les ressortissants de l’Espace économique européen et de la Suisse bénéficient du même droit. Au-delà de trois mois de séjour, un citoyen de l’Union européenne doit vérifier son enregistrement de résidence auprès de l’Inspection générale de l’immigration roumaine. Vous exercez une profession réglementée ? Une reconnaissance de vos qualifications ou une autorisation professionnelle peut alors être exigée, même avec un passeport européen.
Accès des ressortissants de pays tiers à l’emploi
Vous détenez un titre de séjour français sans être citoyen européen ? Il ne vous ouvre pas, à lui seul, le marché du travail roumain. L’accès des ressortissants de pays tiers est en outre soumis à un contingent annuel fixé par les autorités roumaines. Plusieurs critères entrent en jeu dans l’examen de votre situation :
- Le poste : la nature de l’emploi proposé oriente la procédure applicable.
- La qualification : votre niveau de formation conditionne certaines voies d’accès.
- La nationalité et l’employeur : les deux sont examinés pour vérifier l’éligibilité du recrutement.
- Le statut de séjour : le titre que vous détenez déjà peut modifier les démarches à engager.
Certains travailleurs étrangers, notamment les titulaires d’un droit de séjour à long terme en Roumanie, peuvent être dispensés d’avis d’embauche. Cette exemption dépend de votre statut exact : vérifiez-la avant toute démarche.
Offres locales et missions effectuées en France
Où chercher un poste ? EURES et les pages carrières des employeurs roumains donnent accès aux offres et aux informations sur le marché. Avant de postuler, contrôlez systématiquement l’identité de l’employeur, le lieu, les missions, la langue exigée, le salaire, les horaires et la nature du contrat, une offre incomplète sur ces points mérite des questions.
Le détachement des travailleurs est une autre logique : une mission temporaire pour un employeur établi dans un autre pays, et non une embauche locale. C’est le cadre de notre agence d’intérim roumaine : Europe-interim assure le recrutement et le suivi administratif et logistique de travailleurs roumains détachés auprès d’entreprises françaises, avec des obligations françaises de déclaration SIPSI, de rémunération et de sécurité sociale propres à l’intérim franco-roumain. Vous travaillez habituellement depuis la France pour une société roumaine ? Examinez alors la fiscalité, la sécurité sociale et le droit liés à votre lieu réel de travail.
Autorisation, visa et séjour des ressortissants de pays tiers
Pour un ressortissant non européen, le parcours suit trois étapes : l’autorisation d’embauche, le visa, puis le titre de séjour. L’employeur porte la première étape. Vous intervenez ensuite pour les formalités qui vous incombent.

Dépôt de la demande d’embauche
Lorsque le recrutement est soumis à autorisation, l’employeur roumain accomplit les démarches auprès des autorités de l’immigration. Il doit remplir les conditions légales, notamment l’absence de dettes envers le budget de l’État, et présenter une offre ferme précisant le poste, les responsabilités, le salaire et les conditions d’emploi. Le dossier réunit notamment :
- L’offre et la description du poste : elles fixent le cadre de l’emploi examiné.
- Le CV : il présente votre parcours professionnel.
- Un extrait de casier judiciaire : il atteste de votre situation pénale.
- Les documents de l’entreprise et les preuves de qualification : ces dernières sont demandées lorsque le poste l’exige.
Les autorités contrôlent la légalité de l’employeur et votre éligibilité. Selon l’Inspection générale de l’immigration, l’ancienne procédure était instruite sous 30 jours après enregistrement, avec jusqu’à 15 jours supplémentaires pour vérifications. Ces délais ne s’appliquent pas automatiquement aux nouvelles procédures numériques.
Catégories et formalités de long séjour
Le visa de travail pour la Roumanie en 2026 s’organise autour de deux catégories. D/AM1 concerne notamment certains emplois hautement qualifiés d’au moins six mois. D/AM2 vise notamment des travailleurs permanents, saisonniers et frontaliers, mais la suspension de l’acte approuvant la liste des métiers en pénurie affecte la transmission de certaines demandes.
Pour ces deux catégories, l’employeur ou l’agence de placement autorisée transmet la demande de visa de long séjour par la plateforme électronique. Selon la catégorie, le dossier comprend un contrat de travail enregistré, une assurance médicale de voyage d’au moins 30 000 €, un casier judiciaire et une preuve de ressources.
Le calendrier compte aussi. L’ancienne procédure prévoyait un dépôt du visa dans les 60 jours suivant l’autorisation, et les modalités 2026 restent à vérifier. Le visa décrit par le portail gouvernemental est initialement valable 90 jours. L’Inspection générale de l’immigration demande de déposer la demande de titre de séjour au moins 30 jours avant l’expiration de ce droit.
Frais, carte bleue et suites de la décision
Selon le ministère roumain des Affaires étrangères, le visa de long séjour coûte 300 € pour les demandes transmises à validation à partir du 27 avril 2026, contre 120 € auparavant. Les tarifs officiels affichent aussi 494 RON pour l’autorisation d’embauche ou de détachement. Le titre de séjour lié au permis unique ou à la carte bleue européenne coûte 265 RON (hors traductions et honoraires privés).
La carte bleue européenne reste une voie réservée à certains travailleurs hautement qualifiés non européens, et non un permis général. En France, pour le titulaire d’une carte bleue valide délivrée par un autre État membre, la décision sur une carte de séjour « talent-carte bleue européenne » est notifiée sous 30 jours au plus, prolongeables de 30 jours, ce délai ne vaut pas pour la Roumanie. Côté roumain, un refus de demande unique est motivé et communiqué dans la plateforme, chaque décision ayant ses propres motifs et délais de recours. Un titre lié à un emploi n’autorise pas automatiquement un changement d’employeur ou de fonction, une question que développe notre guide de l’autorisation de travail en détachement pour les missions en France.
Que prévoit un contrat de travail roumain ?
Le contrat est votre principale garantie. Sa forme, son enregistrement et son contenu obéissent à des règles précises, qu’il soit permanent, temporaire ou à temps partiel. Savez-vous ce qu’il doit mentionner ?
Signature, enregistrement et mentions obligatoires
Un contrat de travail en Roumanie s’établit par écrit, en roumain, au plus tard la veille de la prise de poste, puis vous est remis. Certaines procédures de recrutement de travailleurs étrangers prévoient aussi une version dans une langue que vous comprenez. Le document doit préciser :
- Les parties et le poste : identité de chacun, fonction, lieu et date de début.
- La rémunération : salaire brut et fréquence de paiement.
- Le cadre de travail : durée du contrat, horaires, congés, préavis et, le cas échéant, période d’essai.
L’employeur enregistre le contrat dans le registre général des salariés avant le début du travail. Une régularisation ultérieure ne satisfait pas cette obligation. Votre aptitude médicale doit aussi être vérifiée avant la prise de poste.
Contrats permanents, temporaires et à temps partiel
Le contrat à durée indéterminée n’a pas de terme fixé. Le contrat à durée déterminée, lui, doit répondre à un besoin temporaire justifié par écrit.
Selon le Code du travail roumain, la durée maximale totale d’un contrat à durée déterminée est de 36 mois. Les mêmes parties ne peuvent conclure plus de trois contrats successifs de ce type.
Le temps partiel peut être à durée déterminée ou indéterminée, avec des droits proportionnels au temps travaillé et sans traitement moins favorable qu’un salarié à temps plein comparable. Une promesse orale ne remplace jamais le contrat requis. Le contrat de mission d’intérim, écrit et signé, vous est transmis dans les deux jours ouvrables suivant votre mise à disposition, un cadre que connaissent bien les entreprises qui misent sur le recrutement de travailleurs roumains.
Période d’essai et fin du contrat
La période d’essai doit figurer dans le contrat. Elle ne peut dépasser 90 jours civils pour un poste ordinaire, ni 120 jours civils pour un poste de direction ou de gestion.
Le préavis minimal de licenciement d’un salarié hors cadre est de 20 jours ouvrables, sauf exceptions légales, et le contrat peut prévoir davantage. En cas de démission, votre préavis peut atteindre 13 semaines, quelle que soit votre fonction.
Quels salaire, horaires et congés prévoir ?
Une offre ne se juge pas à son seul montant. Salaire, durée du travail et congés forment un ensemble qu’il faut lire avec précision.
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Salaire minimum et comparaison des offres
Depuis le 1er juillet 2026, le salaire minimum national roumain à temps plein s’élève à 4 325 RON brut par mois, soit environ 850 € brut selon EURES, qui suit les conditions de vie et de travail en Roumanie. La décision gouvernementale n° 146 du 12 mars 2026 fixe ce montant. Pour comparer deux offres, examinez :
- Le brut et le net : l’écart dépend des retenues applicables.
- Les heures : un même salaire couvre des volumes de travail différents.
- Les primes et avantages : ils modifient la rémunération réelle.
- Le logement et les déplacements : leur prise en charge pèse sur votre budget.
EURES estime le net correspondant au minimum à environ 2 699 RON, soit 530 € par mois. Pour février 2026, EURES indiquait un salaire moyen de 9 272 RON brut et 5 557 RON net. Cela représente environ 1 820 € brut et 1 090 € net, une moyenne qui ne garantit aucun salaire individuel.
| Repère (source) | Brut mensuel | Net mensuel |
| Salaire minimum depuis le 1er juillet 2026 (EURES) | 4 325 RON (environ 850 €) | environ 2 699 RON (530 €) |
| Salaire moyen de février 2026 (EURES) | 9 272 RON (environ 1 820 €) | 5 557 RON (environ 1 090 €) |
| Minimum horaire (décision n° 146 du 12 mars 2026) | 25,949 RON par heure | Référence de 166,667 heures par mois |
Durée du travail et repos
Un emploi à temps plein correspond normalement à 8 heures par jour et 40 heures par semaine. La durée maximale atteint en principe 48 heures hebdomadaires, heures supplémentaires comprises, sous réserve des périodes de référence et des exceptions applicables.
Vos heures supplémentaires peuvent se compenser par du repos payé. Lorsque les conditions légales sont réunies, elles peuvent aussi donner lieu à une majoration salariale d’au moins 75 %.
Les conditions de travail garantissent aussi un repos quotidien de 12 heures consécutives par période de 24 heures. Le repos hebdomadaire est de 48 heures consécutives.
Congés et protections du salarié
Le congé annuel payé minimal est de 20 jours ouvrables en Roumanie. Les travailleurs étrangers légalement autorisés bénéficient, selon leur statut, de protections concernant la rémunération, la santé et la sécurité au travail ainsi que la sécurité sociale.
Une offre ferme, une promesse de recrutement et un contrat sont des documents distincts : l’offre ne remplace pas l’autorisation de travail lorsqu’elle est nécessaire.
Foire aux questions
Combien d’offres d’emploi sont disponibles en Roumanie ?
Le 19 août 2026, l’Agence nationale roumaine pour l’emploi recensait 30 364 postes vacants en Roumanie. Ce chiffre ne décrit que les offres relevées à cette date et évolue en permanence.
Faut-il faire traduire ou légaliser ses documents pour travailler en Roumanie ?
Cela peut être le cas. Selon la procédure, vos justificatifs de qualification, votre CV, un certificat médical et un extrait de casier judiciaire peuvent être requis, et des traductions ou légalisations peuvent également être demandées.
